
Marrakech comme au temps des sultans |
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Claude-V. Marsolais
Certes, la ville s'est agrandie et s'est modernisée. Elle compte maintenant 1,2 million d'habitants, mais son centre historique (la médina), où vit le quart de la population, semble s'être figé dans le temps tant au niveau des mentalités que des occupations que l'on y pratique. L'activité économique est centrée sur la production d'objets et de vêtements qui sont nécessaires à la vie quotidienne et d'autres qui sont adaptés aux goûts des touristes de passage. On y retrouve donc des fabricants de vêtements traditionnels, des vanneurs, orfèvres, chaudronniers, épiciers, teinturiers, tapissiers, cordonniers; ou encore des spécialistes de la marqueterie et du bois sculpté qui ont des échoppes dans le souk. Le visiteur a nettement l'impression de faire un retour dans le passé. On entre dans la médina en franchissant l'une des portes des remparts qui la délimitent. La plus importante est située près du minaret de la Koutoubia qui sert de point de repère de la ville puisqu'il mesure 77 mètres de hauteur; il a été érigé au XIIe siècle. En empruntant une des principales rues, on se dirige inévitablement vers la place Jemaa-el-Fna qui a été déclarée «chef-d'oeuvre du patrimoine oral de l'humanité», non pas pour son architecture, mais en raison de l'animation qui y règne à compter de la fin de l'après-midi. On y retrouve des diseuses de bonne aventure, des charmeurs de serpents, des groupes de musiciens et de danseurs, des porteurs d'eau berbères, des tatoueurs, des singes savants, des jeux de toutes sortes comme à la kermesse, etc. À l'heure du souper, d'innombrables restos ambulants s'installent au milieu de la place et proposent aux passants des grillades et d'autres plats ou encore des jus d'orange frais. Des terrasses des grands restaurants situés sur le pourtour de la place, on peut admirer le spectacle dans son ensemble et apercevoir l'épaisse fumée blanche qui s'élève au-dessus des brasiers des restaurants ambulants. Au petit matin, la place se vide comme par enchantement et il ne reste plus rien de l'animation nocturne. Il faudrait sans doute plusieurs jours pour visiter tous les monuments de Marrakech. Les incontournablesSi vous ne disposez que d'un jour ou deux, il vaut mieux se concentrer sur le palais de la Bahia, riche demeure du vizir Ba Ahmed construite en 1880 qui est un chef-d'oeuvre de l'art marocain; le palais El-Badi, dont il ne reste que des vestiges; les tombeaux saadiens qui abritent les restes des rois de cette dynastie du XVIe siècle; le musée Dar Si-Saïd où l'on présente des objets, ornements, armes, tapis et bijoux anciens du sud du Maroc; et le jardin Majorelle, situé dans la nouvelle ville. Sans compter la visite du souk qui est une attraction en soi. Le palais de la Bahia est vraiment impressionnant, notamment en raison de la richesse des décorations de style andalou qui l'on retrouve aux plafonds, sur les portes et les arches. On s'émerveille de la richesse des cours intérieures en marbre d'Italie, des jardins, des salles et des patios. Le tout sur huit hectares. On dit que le vizir Ba Ahmed avait quatre épouses et 24 concubines, ce qui explique pourquoi son palais était si grand. Le palais El-Badi n'est plus que ruines, mais on peut imaginer la grandeur de l'ensemble construit en 1578 par le sultan Ahmed el-Mansour. On peut encore apercevoir les bassins d'eau et d'autres bassins qui servaient de jardins. Une terrasse au premier étage donne une vue superbe sur la ville et sur les cigognes qui y nichent en permanence. Le jardin Majorelle est l'oeuvre du peintre français Jacques Majorelle qui l'ouvrit au public en 1947. Acquis depuis par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, il compte un pavillon et des bassins peints en bleu foncé. Des allées aménagées au travers d'une forêt de bambous et de palmiers nous font découvrir la richesse de la collection de végétaux en provenance de tous les coins du monde. De nombreuses espèces d'oiseaux de cette partie de l'Afrique y ont également élu domicile. Une visite du souk s'impose, mais il faut savoir que c'est un véritable labyrinthe, donc qu'il y a possibilité de s'y perdre, et que certaines sections sont spécialisées. Ainsi, on retrouve le souk des bijoutiers, le souk des teinturiers, celui du cuir, etc. Si vous avez l'intention d'acheter un objet quelconque, il faut toujours négocier et cela peut exiger beaucoup de temps avant d'obtenir un prix raisonnable. De plus, si vous êtes accompagné d'un guide, vous devrez payer plus cher car le marchand remettra une commission à votre accompagnateur. Source : cyberpresse.ca |
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